
Plus de la moitié de ceux qui consultent un médecin se plaignent d’être
fatigués. N’a-t-on pas d’ailleurs l’habitude d’affirmer que la fatigue est
« le mal du siècle », conséquence d’une course perpétuelle contre le
temps ?
Pour autant faut-il se résigner ?
Certainement pas, d’autant que des solutions existent, à la condition de réagir à bon escient, de bien connaître ses propres rythmes et de mettre en harmonie ses aspirations avec ses possibilités, qui évoluent avec l’âge.
Bonne et mauvaise fatigue : comment réagir
La bonne fatigue est celle
que l’on éprouve à la suite d’un effort physique ou mental.
Cette fatigue, toute à fait normale, est facilement réversible et
disparaît après une bonne nuit de sommeil, voire simplement après une séance de
relaxation.
Il n’en est pas de même de la mauvaise fatigue (elle toucherait 15% des hommes et 20% des femmes), qualifiée alors d’asthénie (venant d’un mot grec signifiant « manque de force »), qui n’est pas réversible par le repos.
Une asthénie ne doit jamais être négligée car dans de nombreux cas,
elle ne disparaîtra pas spontanément.
Si l’asthénie peut accompagner de nombreuses maladies, qu’il est bien
entendu indispensable de diagnostiquer, elle est souvent la conséquence d’une
« surstimulation », provoquant une fatigue de surmenage, que certains
considèrent comme propre à la vie moderne. Il faut aussi penser au rôle du
stress, dont un excès devient vite délétère, à une mauvaise hygiène de vie,
avec des rythmes altérés activité-repos, à un manque de sommeil, à des
dérèglements alimentaire. Et enfin, aussi aux multiples problèmes d’adaptations
sociales tout au long de le vie, en commençant par la période scolaire, avec des
conséquences individuelles pouvant être très négatives.
Quand consulter votre médecin ?
Quand la fatigue chronique est accompagnée :
Et naturellement quand elle persiste en dépit des moyens mis en oeuvre
pour essayer d’y remédier.
Au-delà de 6 mois, un bilan médical s’impose.
Qui douterait que bien dormir est une nécessité
impérative ?
Pourtant, de nombreuses études ont mis en évidence que, du fait de
notre mode de vie, le temps de sommeil que nous nous octroyons est souvent
inférieur à ce qu’il devrait être et aussi que le tiers des adultes se
plaignent d’insomnie.
Bien entendu, il existe une étroite relation entre un sommeil non réparateur (quel qu’en soit la cause), et une fatigue persistante le lendemain.
Résultat, selon une enquête réalisé par la Sofres pour l’Institut du Sommeil et de la Vigilance, des accès de somnolence dans la journée frapperaient 7 Français sur 10, avec toutes les conséquences qu’on imagine comme les accidents de la route ou du travail, une baisse du rendement scolaire ou professionnel ! Et 80% considèrent que « la somnolence est un problème sérieux. »
A chacun sa durée de sommeil
Le sommeil est sous la dépendance de facteurs génétiques.
La durée optimale du sommeil varie selon chaque personne. Si la
majorité des personnes ont besoin de 8 heures de repos nocturne, certains se
contentent de 6 heures, voire moins, alors que d’autres ont besoin de 9 à 10
heures. Sans oublier que les besoins en sommeil varient avec l’âge. On peut
aussi être « du soir » ou du « du matin ».
La fatigue ou la restriction plus ou moins volontaire et consciente de la durée du sommeil et les insomnies sont loin d’être les seules causes de la somnolence. En effet, une autre cause est représentée par ce que l’on appelle les apnées du sommeil.
Attention aux apnées du sommeil !
Cet état pathologique se traduit par un nombre important d’arrêts de la respiration (que les médecins appellent des « pauses respiratoires ») durant le sommeil, ce qui déclenche des micro-éveils permettant la reprise des mouvements respiratoires, mais qui désorganisent le sommeil qui n’est plus assez profond pour être suffisamment réparateur.
Les principaux facteurs favorisant sont :
Près de 2,5 millions de Français seraient atteints d’apnées du
sommeil... et 90% l’ignoreraient !
Elles représentent la 2ème maladie respiratoire chronique juste
derrière l’asthme, dont on parle certainement beaucoup plus.
Non traitées, les apnées du sommeil entraînent une importante
somnolence dans la journée et augmentent le risque d’hypertension artérielle
ainsi que d’infarctus.
A elles seules, elles seraient responsables de 20% des accidents de la
route et multiplieraient par 7 le risque d’accident.
Fatigue/insomnie : Quand consulter votre médecin